

Madame Butterfly, c’est le surnom donné à une jeune femme japonaise qui
s’apprête à épouser un lieutenant de la marine américaine. C’est du moins ce
qu’elle s’imagine, car en réalité le futur époux est déjà un ex : le goujat a
prévu de se marier avec une autre et fait peu de cas des sentiments de
Madame Butterfly, autant que de son obligation de renier famille et religion
pour épouser un étranger. Différence de milieu social entre les personnages, grand écart culturel entre le Japon et les États-Unis, décalage des sentiments et opposition entre honneur et infamie font de Madama Butterfly un opéra à la fois émouvant, pénétrant et audacieux : Puccini y révèle toute sa modernité musicale après Verdi et Wagner et réinvente l’opéra italien alors malmené par les chambardements esthétiques du début du XXe siècle. Créateur de mises en scène épurées et inventives où l’émotion n’empêche jamais la réflexion, Jean-François Sivadier révèle la trajectoire pathétique d’une héroïne vacillant progressivement vers le précipice, magnifiquement incarnée dans la voix exceptionnelle et la présence bouleversante de la sublime Tatiana Monogarova. |
| du ven 24 sep au sam 2 oct | EN SAVOIR PLUS |
Orlando touché par l’amour : tel pourrait être le sous-titre de ce chefd’oeuvre
de Haendel où se côtoient le fantastique, le romantique et le théâtral
autour d’un héros peu disposé à partir en guerre. Dans un drame de l’amour
où la réalité semble de plus en plus échapper au héros, Haendel explore des
contrées musicales inconnues en portant un regard ironique et distancié sur
ses personnages. Déjà entendus à l’Opéra de Dijon les saisons précédentes
dans (After) The Fairy Queen, Le Messie ou Dardanus, Emmanuelle Haïm
et Le Concert d’Astrée, étoiles de la musique baroque, révéleront l’éclat d’une
oeuvre exceptionnelle mise en scène par David McVicar. Attaché à faire
revivre le répertoire baroque et déjà familier des opéras de Haendel avec
Agrippina ou Jules César dont les mises en scène données dans les plus
grandes salles lyriques internationales ont fait date, McVicar refuse le prêt-à-
penser et s’emploie d’abord à raconter des histoires. Avec Orlando,
les costumes somptueux du XVIIIe siècle prendront place dans un décor à
mi-chemin entre le théâtre dans le théâtre et la boutique d’apothicaire, dans
une atmosphère à la fois inquiétante et féerique. |
| du sam 20 nov au jeu 25 nov | EN SAVOIR PLUS |
Offenbach n’a rien perdu de son impertinence : avec son opéra-bouffe
Orphée aux enfers, bienvenue dans une Antiquité parodiée où Orphée et
Eurydice sont au bord du divorce pendant que les dieux se plaignent de
ce qu’ils mangent (finalement, le nectar et l’ambroisie, c’est surfait) et
qu’Orphée va chercher sa femme aux Enfers parce que la laisser tomber,
tout de même, cela serait mal vu... Parodie du mythe d’Orphée et de ses versions lyriques composées par Gluck ou Monteverdi, Orphée aux enfers ridiculise autant le pouvoir que le peuple et fit largement scandale à sa création : Offenbach était très surveillé par les autorités, et à écouter la liberté de ton, l’audace et l’humeur de sa partition, l’on en comprend rapidement la raison. Resté célèbre par, notamment, sa fameuse danse du French cancan, cet opéra-bouffe impertinent vous est proposé dans une mise en scène coproduite avec le Festival d’Aix-en-Provence 2009 et créée par Yves Beaunesne, déjà venu à l’Opéra de Dijon dans Lorenzaccio et Rigoletto. Très fidèle à l’esprit de dérision d’Offenbach dans une atmosphère évoquant le Paris des années 1930, cette Orphée aux enfers sera dans la parfaite continuité des fêtes de fin d’année pour commencer 2011 du bon pied ! |
| du jeu 6 jan au mar 11 jan | EN SAVOIR PLUS |
« - Qu’on lui coupe la tête ! » Après l’opéra L’Amour des trois oranges en mai 2010 et la pièce de théâtre L’Oiseau vert en octobre, terminons le cycle consacré à l’écrivain italien Carlo Gozzi qui signe l’histoire et les dialogues délirants de Turandot, cet opéra-bouffe à l’intrigue aujourd’hui bien connue : dans une Chine médiévale imaginaire, la Princesse Turandot, après s’être méthodiquement employée à décapiter ses prétendants, finira-t-elle par succomber à l’amour ? Refusant la psychologie et le naturalisme, Busoni, compositeur inclassable à cheval entre l’Italie et l’Allemagne, crée en 1917 ce qu’il appelle un « opéra du surnaturel » où la scène offre un miroir brouillé de la réalité dans une atmosphère irrévérencieuse, distanciée et grinçante qui fait apparaître l’ironie à chaque réplique. Vive et concise, la musique évoque tout autant le soleil méditerranéen que les brumes du nord et oscille entre classicisme et esthétique atonale du XXe siècle. Dirigé par Daniel Kawka que vous avez peut-être entendu en juin 2009 avec Tristan et Isolde, l’opéra sera mis en scène par l’Espagnol Cisco Aznar : chorégraphe et metteur en scène dont la Coppélia au Grand Théâtre de Genève ou la Didon et Énée à l’Opéra de Lausanne ont fait date, Cisco Aznar signe des spectacles drôles et hauts en couleurs que l’on compare parfois aux films d’Almódovar et qui ont déjà marqué la scène internationale. |
| du mer 9 mar au dim 13 mar | EN SAVOIR PLUS |
Pourquoi donne-t-on toujours un résumé de l’action aux spectateurs venus
voir un opéra ? C’est en se posant cette question que Ligeti conçut dans les
années 1960 ses deux oeuvres Aventures et Nouvelles aventures. Toujours demeuré en dehors de toutes les écoles musicales, Ligeti représente une étape décisive de la création contemporaine, et l’avant-garde se lie à la tradition dans des oeuvres très personnelles qui semblent venir d’un autre monde. Dans ces deux opéras durant moins d’une demi-heure, il invente une langue imaginaire sans signification construite : pas d’histoire ni de dialogues proprement dits, seulement des émotions, des onomatopées et une musique extrêmement expressive où notes et textes se sont élaborés ensemble pour rester indissociables. Aussi la partition Aventures, Nouvelles aventures ne raconte - t - elle rien tout en exprimant beaucoup. Attachée à faire découvrir l’opéra à ceux qui n’y vont jamais, la metteure en scène Charlotte Nessi mène avec l’Ensemble Justiniana de Besançon un projet inédit de dépoussiérage de l’art lyrique : laissez parler votre imagination et pénétrez dans un monde inventif et féerique qui parlera aux enfants comme aux plus grands. |
| mer 11 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Cette nouvelle production de Didon et Enée sera certainement un moment
exceptionnel. Ce sera en effet la première académie de jeunes chanteurs
réalisée et portée par l’Opéra de Dijon. Pour préparer ces jeunes talents, rien
d’autre qu’Emmanuelle Haïm dont on connaît le goût pour faire travailler les
voix. L’Orchestre Dijon-Bourgogne et l’ensemble de cette production seront
dirigés par Jonathan Cohen, chef d’orchestre brillant qui collabore
régulièrement avec Le Concert d’Astrée ou Les Arts Florissants de William
Christie. Après (After) The Fairy Queen en janvier 2009 à l’Opéra de Dijon,
continuez ainsi avec Le Concert d’Astrée et Purcell dans un opéra émouvant
où l’amour de Didon et Énée affronte la magie des fameuses sorcières. Magique et extrêmement brillant, Didon et Énée est le seul opéra proprement dit de Purcell et laisse la place à l’imagination du spectateur dans une profusion musicale exceptionnelle mise en scène par Lilo Baur, comédienne et metteure en scène proche de Peter Brook, dans un esprit ludique et délicat où la sensibilité aura toute sa place. |
| du jeu 19 mai au mar 24 mai | EN SAVOIR PLUS |

Tout le monde connaît Mozart. Ou plutôt, tout le monde croit le connaître.
Créé il y a presque trente ans, le Chamber Orchestra of Europe (aujourd’hui
l’un des meilleurs au monde), regroupe cinquante musiciens de quinze
nationalités différentes. Associé à l’Opéra de Dijon, il ouvre cette saison
2010-2011 avec des oeuvres singulières de Mozart. Extrêmement brève, la Symphonie n°26 se détache des autres partitions que Mozart a écrites à la même époque : très expressive, heurtée et parfois sombre, elle fut ensuite réutilisée par Mozart pour accompagner la pièce de théâtre Thamos roi d’Égypte de von Gebler. Après la candeur et la légèreté du Rondo pour violon et orchestre, le concerto pour piano que Mozart a composé l’année de sa mort tranche par son ambiguïté : de l’insouciance à la profondeur, le concerto sera interprété par Maria-João Pires qui, si elle est considérée comme la plus grande pianiste portugaise actuelle, se produit très rarement sur scène. Également composée par Mozart sur la fin de sa vie, la Symphonie n°39 préfigure le romantisme dans une atmosphère à la fois exaltée et solennelle : livrant l’idéal spirituel d’un Mozart en proie aux plus grandes difficultés matérielles, elle semble parfaitement s’accorder avec Trevor Pinnock qui dirige le Chamber Orchestra et pour qui la musique est une véritable nourriture de l’esprit. |
| jeu 23 sep à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Bizet et Berlioz : deux grands noms de la France musicale du XIXe siècle aux
parcours bien différents. Mort prématurément, Bizet a souvent été résumé à Carmen malgré la pureté et la richesse de ses nombreuses autres partitions. Perfectionniste, il a laissé beaucoup d’oeuvres inachevées et en a négligé d’autres, comme cette Symphonie en do majeur : il la composa à dix-sept ans, en la considérant comme un exercice de style et ne chercha jamais à la faire jouer. Vive, colorée et inventive, elle est aujourd’hui très célèbre et, même si son nom ne vous évoque rien, il y a fort à parier que vous l’avez déjà entendue. La Symphonie fantastique reste en revanche l’oeuvre la plus connue de Berlioz qui, souvent comparé à Beethoven, incarne le romantisme à la française. Résolument tournée vers l’avenir, la Symphonie fantastique a été abondamment retouchée par Berlioz et exprime une grande intensité dramatique dans des timbres fauves. C’est justement la sonorité d’Anima Eterna Brugge qui risque de vous frapper, car l’orchestre dirigé par Jos van Immerseel choisit de jouer sur des instruments datant de l’époque des oeuvres qu’il interprète, soit, pour ce concert, la France des années 1830-1860. Artistes associés de l’Opéra de Dijon, les musiciens d’Anima Eterna Brugge, après leur interprétation des trois dernières symphonies de Mozart en mai 2010, reviendront également à Dijon en février et en mai 2011. |
| ven 8 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Découvrez ou redécouvrez le temps d’un goûter le travail réalisé autour
de L’Oiseau vert de Carlo Gozzi par des élèves dijonnais. |
| sam 9 oct à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Curieux parcours que celui d’Alma Schindler-Mahler qui fut tour à tour
épouse ou maîtresse du compositeur Mahler, du peintre Kokoschka,
de l’architecte Gropius et de l’écrivain Werfel, et dont la mort d’un des
enfants inspira à Berg le Concerto à la mémoire d’un ange que vous pourrez
entendre à l’Opéra de Dijon en juin 2011. Loin d’être une simple muse, Alma Schindler-Mahler fut surtout une artiste, bien qu’elle promît à son premier époux de ne plus jamais composer après leur mariage - il ne pouvait y avoir qu’un seul musicien dans la famille… Il ne nous reste d’elle qu’une vingtaine de Lieder sensibles et singuliers, mais rarement donnés en concert : découvrez la fulgurance et les surprises d’un talent trop vite étouffé et encore méconnu. Bernstein devint en revanche rapidement célèbre pour son oeuvre phare, West Side Story : composé à la fin des années 1950 d’après le Roméo et Juliette de Shakespeare transposé dans les conflits entre immigrés portoricains et Américains dits de souche, West Side Story renouvelait le genre de la comédie musicale en intégrant des influences lyriques, jazz et pop - l’on retrouvera d’ailleurs la richesse musicale de Bernstein à l’Opéra de Dijon fin octobre avec les Dissonances. |
| mar 12 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Formé en 2007 de trois musiciens français, la violoniste Ayako Tanaka
(membre des Dissonances et du Quatuor Orfeo déjà entendus à Dijon),
l’altiste Arnaud Thorette et le violoncelliste Fabrice Bihan, le Trio Arte est
déjà l’invité des grandes scènes européennes. Si le Trio en si bémol majeur D. 471 est inachevé, le style très personnel de Schubert s’y reconnaît immédiatement dans une grande expressivité très contrastée. La Sérénade op. 8, oeuvre de jeunesse de Beethoven, renoue ici avec une tradition de divertissement musical où la fantaisie, la légèreté et l’élégance aérienne se détachent de la plupart de ses autres oeuvres. C’est plutôt à Haydn que Dohnányi rend hommage dans le dernier mouvement de sa Sérénade pour trio op. 10 : grand pianiste et chef d’orchestre hongrois qui imposa en concert des oeuvres de Bartók, Kodály, Debussy ou Stravinski, Dohnányi signe ici un de ses chefs-d’oeuvre. Très exigeante au niveau de son écriture, sa musique de chambre est d’une grande invention mélodique tout en s’inscrivant dans la tradition hongroise. Découvrez aussi le Trio op. 45 de Schönberg, l’une de ses oeuvres les plus brillantes et complexes, écrite en 1946 alors que Schönberg était convalescent après avoir échappé de peu à la mort. |
| sam 16 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
« I like to be in America / Okay by me in America / Everything free in
America / For a small fee in America » chantent les Portoricains de la
comédie musicale West Side Story qui rendit Bernstein mondialement
célèbre : avec les Dissonances, ensemble en résidence à l’Opéra de Dijon
depuis 2008, découvrez un autre angle de la musique nord-américaine du
XXe siècle. Composée à la même époque que West Side Story, la Sérénade
de Bernstein dégage une atmosphère bien différente : inspirée du Banquet
de Platon où les personnages dialoguent à propos de l’amour et de la beauté,
la partition reprend les noms des personnages du Banquet sans en suivre la
narration ; l’on y reconnaît cependant l’exubérance du dialogue autant que
la variété des styles musicaux synthétisés par Bernstein dans une poétique
du creuset finalement toute américaine. Proprement américaine, la guerre du Viêtnam ? Né en 1929, le compositeur George Crumb compose un quatuor qui, s’il s’inspire du conflit, révèle surtout le voyage d’une âme dans un style concis aux accents parfois surréalistes : « Black Angel », ou ange noir, c’est d’abord l’ange déchu, soit le diable passant du paradis à l’enfer… Pour Barber, l’enfer c’était sans doute l’insensibilité : détachée de tout courant esthétique, sa musique, souvent intense, passionnée et lyrique, relève de l’expression de sentiments personnels avant de témoigner d’une recherche théorique ou stylistique. Composé vers 1935 à partir d’un de ses quatuors à cordes, l’Adagio pour cordes est aujourd’hui extrêmement connu pour avoir été régulièrement entendu au cinéma. |
| jeu 28 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Attention : ce spectacle inclut le concert de 20h |
| jeu 28 oct à 22h | EN SAVOIR PLUS |
Faut-il encore présenter Anne-Sofie von Otter ? La mezzo-soprano suédoise
fait aujourd’hui partie des étoiles internationales du chant lyrique : son
phrasé parfait, son amour du texte, son timbre aux multiples couleurs, sa
voix reconnaissable entre toutes et sa richesse d’expression font de chacun
de ses concerts une révélation. Ses enregistrements de Haendel, Rameau ou Bach ont fait date, et elle s’associe avec un autre spécialiste du répertoire baroque, le Concerto Copenhagen, pour un récital autour des cantates de Bach, reprenant ainsi une partie du programme du disque inventif et rafraîchissant qu’ils ont enregistré ensemble il y a peu. Vous pourrez également entendre des extraits d’opéras de Haendel qui, étonnamment peu joués à Dijon jusqu’à présent, seront mis cette année à l’honneur : rendez-vous à la fin du mois pour Orlando ! |
| sam 6 nov à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Pianiste américain aux origines multiples, Nicholas Angelich vit aujourd’hui
en France où il nous offre son jeu empreint de sensibilité fine et de claire
vitalité où se révèlent tout à la fois un grand perfectionnisme et beaucoup de
pudeur. Il sera accompagné de l’un des plus grands orchestres du monde
dirigé par le très célèbre Vladimir Jurowski (qui viendra trois fois à l’Opéra
de Dijon cette saison) dans un programme alliant deux génies allemands du
XIXe siècle, Brahms et Beethoven. Beethoven dédie sa Symphonie n°3 à Bonaparte avant de rayer la mention sur la partition lorsque ce dernier bafoue les valeurs de la République en se faisant sacrer empereur. Jugée assommante par la critique à sa création, l’oeuvre a fait éclater le cadre de la symphonie classique et reste aujourd’hui très connue, tout comme le Concerto pour piano n°2 op. 83 de Brahms que l’on considère souvent comme son grand chef-d’oeuvre. Dans la lignée de la thématique Brahms qui parcourt toute cette saison 2010-2011 de l’Opéra de Dijon, redécouvrez cette oeuvre majestueuse et émouvante où le romantisme s’incarne avec virtuosité. |
| ven 12 nov à 20h | EN SAVOIR PLUS |
De Schumann (Bunte Blätter) à Brahms (Seize Variations sur un thème
de Robert Schumann), laissez-vous emporter par le romantisme allemand,
en guise de prélude à ces grands moments Brahms que vous réserve
l’Opéra de Dijon au cours de la saison. |
| sam 13 nov à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Découvrez trois moments charnières du quatuor à cordes avec les musiciens
du Quatuor Takács dont les interprétations engagées alliant grande maîtrise
et sensibilité ont conquis la scène musicale internationale.
Père du quatuor à cordes, Haydn en composa plus de soixante-dix. Avec ce
Quatuor n° 3 op. 71, il signe une partition éclatante et virtuose qui, en
rappelant Bach, se rapproche aussi de ce que sera la Symphonie n° 3 de
Beethoven. C’est justement Beethoven qui prolongea l’héritage de Haydn dans le genre du quatuor à cordes en laissant des partitions écrasantes et révolutionnaires qui paralysèrent bon nombre de compositeurs à venir : conscient de ce qui le précédait, Mendelssohn osa s’attaquer au quatuor en s’affirmant comme le premier héritier de Beethoven. Caractérisé par une grande liberté et de nombreuses audaces, ce Quatuor op. 13 est son premier. Obligé de composer des bandes originales de films et de la musique officielle soviétique sous Staline, Chostakovitch fait du quatuor à cordes le lieu où il peut donner libre cours à son génie créateur d’avant-garde : d’une intensité peu commune, ses quatuors à cordes dévastateurs synthétisent autant l’école musicale russe que l’apport de Beethoven et s’apparentent à des symphonies. |
| ven 19 nov à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Nathan Berg interprétera le rôle de Zoroastro dans l’Orlando de Haendel
présenté à l’Auditorium. Approchez de plus près le talent de ce grand
chanteur dans un répertoire très différent, les mélodies de Chausson. |
| sam 20 nov à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Autour de la musique de Haendel, redécouvrez la musique pour luth,
instrument rare aujourd’hui mais fort utilisé de la Renaissance à la période
baroque, sous les doigts de fée de Laura-Monica Pustilnik, luthiste fidèle
du Concert d’Astrée. |
| sam 27 nov à 16h | EN SAVOIR PLUS |
En vogue à la fin du XVIIIe siècle, les Harmoniemusik, ou ensembles
d’instruments à vent, ont été partiellement oubliés aujourd’hui. Formé de
huit instruments à vent, l’ensemble A Venti, largement salué par la critique
et le public européens, vous propose de redécouvrir un répertoire
extrêmement riche et foisonnant à l’équilibre harmonique si particulier. Qu’elles aient été directement composées pour octuor à vents comme l’Octuor pour vents op. 103 de Beethoven et la Partita de Pleyel ou retranscrites pour cette formation comme l’ouverture de Médée de Cherubini, les oeuvres au programme vous surprendront par leur fraîcheur, leur piquant et leurs couleurs musicales chatoyantes. |
| ven 3 déc à 20h | EN SAVOIR PLUS |
| sam 4 déc à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Après avoir présenté la Première et la Septième symphonies ainsi que
le Concerto pour violon et orchestre la saison dernière à l’Opéra de Dijon,
les Dissonances, ensemble en résidence conduit par le violoniste David
Grimal, continuent brillamment d’explorer la musique de Beethoven à leur
singulière manière. La Symphonie n° 5 semble incarner à elle seule l’oeuvre de Beethoven mais aussi le genre symphonique lui-même alors qu’elle présente une totale rupture avec tout ce que le compositeur avait pu écrire auparavant et qu’elle explose littéralement les normes du classicisme. Quintessence de la symphonie, la partition est l’une des plus connues de toute la musique classique et nous déstabilise et nous touche encore aujourd’hui. Écrit entre la Symphonie n° 1 et la Symphonie n° 2, Les Créatures de Prométhée nous est parvenu sans le livret : s’il est donc impossible aujourd’hui de connaître le détail de l’action d’un ballet portant sur le mythe de Prométhée, la musique composée par Beethoven fait appel à des instruments rares pour l’époque et comporte des passages qui seront repris dans d’autres de ses oeuvres. Jalonnant la vie de Beethoven, ses quatuors à cordes sont considérés comme un monument de la musique et reflètent l’évolution de son style. Composé vers le milieu de sa vie, le Quatuor n° 9 op. 59 se détache par sa franche liberté, comme en témoigne la phrase laissée sur la partition : « Tu peux écrire des oeuvres en dépit de toutes les entraves qu’impose la société ». |
| jeu 9 déc à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Pianiste hors du commun, Kissin donne son premier récital à dix ans et
accède à la renommée internationale à douze avec son interprétation
incroyable des Concertos pour piano n° 1 et n° 2 de Chopin. Musicien
exceptionnel à la maturité incontestable, Kissin est passé d’enfant précoce à
adulte brillant au jeu parfait, limpide et lumineux dont chaque concert est un
choc. À l’occasion de l’année Chopin célébrant le bicentenaire de la naissance du compositeur franco-polonais, Kissin interprétera ses Ballades, souvent considérées comme l’oeuvre la plus aboutie de leur auteur. Avec la Novellettes n° 8 de Schumann de loin la plus importante et originale du recueil, alliée à la grande liberté formelle de ses Fantasiestücke, un concert qui devrait révéler les nuances du génie de Kissin. |
| sam 11 déc à 20h | EN SAVOIR PLUS |
« Emmanuel Krivine est l’un des plus grands chefs d’orchestre de notre
époque ; il ne faut jamais, sous aucun prétexte, manquer l’une de ses
prestations », écrivait le critique musical du journal britannique
The Guardian. Déjà entendu à l’Opéra de Dijon en 2002, 2005 ou 2006, le chef d’orchestre français à la carrière internationale revient en compagnie du célèbre pianiste Jean-Yves Thibaudet dont le jeu profond et lumineux s’alliera au Philarmonique du Luxembourg, désormais l’un des fleurons musicaux de l’Europe. À l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance et du 100e de sa mort, l’Opéra de Dijon s’associe à de nombreux autres lieux musicaux à travers le monde pour rendre hommage au compositeur autrichien Gustav Mahler : la Symphonie n° 1 est la première d’une série de dix (dont une inachevée) qui dynamitèrent littéralement le genre de la symphonie. Empreinte d’une grande dimension autobiographique, cette première symphonie exprime déjà la complexité et l’ampleur du génie de Mahler. Pianiste et chef d’orchestre norvégien, Grieg a longtemps milité pour la reconnaissance d’un art national. Extrêmement célèbre aujourd’hui, son Concerto pour piano op. 16 composé en 1868 alors qu’il n’avait que vingt-cinq ans doit son incroyable succès à son étonnante vigueur, son lyrisme assumé et à son expression du charme discret de la Scandinavie. |
| mar 14 déc à 20h | EN SAVOIR PLUS |
| sam 18 déc à 14h30 / sam 18 déc à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Engagé, virtuose et d’une sensibilité incroyable, Joshua Bell est l’un des plus
grands violonistes actuels : il sera accompagné du Chamber Orchestra of
Europe, également présent à l’Opéra de Dijon en septembre et mars, dirigé
par le chef Jurowski qui viendra aussi à l’Opéra de Dijon le 12 novembre et
le 20 mars avec le London Philarmonic Orchestra. Joshua Bell interprétera le Concerto pour violon op. 35 de Tchaïkovski, d’abord refusé par le violoniste à qui il était dédié qui le trouvait injouable mais aujourd’hui extrêmement connu et très récemment utilisé au cinéma, notamment dans Le Concert de Radu Mihaileanu vu sur nos écrans fin 2009. Chef-d’oeuvre de la musique pour violon, le concerto sera entouré de deux oeuvres courtes et incisives que Schubert a composées dans sa jeunesse et de la Valse Fantaisie de Glinka : peu jouée, son originalité et sa nouveauté témoignent des influences françaises, italiennes, allemandes et espagnoles du compositeur russe et expliquent son ascendance décisive sur l’école musicale russe du XIXe siècle. |
| lun 20 déc à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Il n’a que trente-cinq ans et c’est déjà l’un des pianistes russes les plus
demandés sur la scène internationale : Denis Matsuev est un créateur de
sonorités envoûtantes et enveloppantes à la très grande puissance
technique. Pour sa venue à l’Opéra de Dijon, il vous propose Les Saisons que Tchaïkovski composa entre 1875 et 1876. Découvrez cet ensemble de douze pièces pour piano, chacune correspondant à un mois de l’année. Le charme et la subtilité de ce cycle vous inviteront à vous reposer au coin du feu en janvier, fêter le carnaval en février ou aller à la chasse en septembre. Plus connus dans l’orchestration qu’en fit Ravel (bien qu’il existe beaucoup d’orchestrations ou transcriptions par exemple de Henry Wood, Leo Funtek, Stokowski ou encore Jean Guillou) les Tableaux d’une exposition du compositeur russe Moussorgski sont d’abord une oeuvre pour piano composée d’après le souvenir de dix tableaux de Viktor Hartman, ami du compositeur disparu un an auparavant. La musique, loin d’être une simple illustration des oeuvres, exprime notamment les impressions que ces dernières lui ont laissées. |
| ven 14 jan à 20h | EN SAVOIR PLUS |
| sam 15 jan à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Continuons dans la thématique Mahler ouverte en octobre dernier (et que
vous pourrez prolonger dès février), toujours avec l’Orchestre Dijon -
Bourgogne. Dirigé par le brillant Pascal Verrot déjà entendu en 2009 dans Le Médecin malgré lui ou Les Saisons, ou encore L’Amour des trois oranges, l’Orchestre Dijon-Bourgogne vous fera découvrir les Kindertotenlieder (ou « Chants sur les enfants morts ») composés au début du XXe siècle sur des poèmes de l’Allemand Friedrich Rückert dont les écrits furent également mis en musique par Schubert et Schumann. Si vous étiez présents à l’Opéra de Dijon pour le Festival Présences de Radio- France en décembre 2008, vous vous souvenez certainement du Bestiaire composé par Régis Campo sur des poèmes d’Apollinaire et interprété par la grande chanteuse Dame Felicity Lott. Retrouvez le compositeur français né en 1967 avec Lumen II, une oeuvre ludique, fantaisiste et pleine d’humour où la recherche de luminosité domine. La fantaisie règne également dans ce Concerto pour violon et orchestre composé par le Suisse Franck Martin en 1952 : lyrique, passionné et fantasque, il n’en est pas moins très rigoureusement construit. Sa cohérence de forme le rapproche de la Symphonie n° 5 de Schubert, l’une de ses seules achevées où le génie superbe de Schubert se révèle dans une partition éclatante, aujourd’hui considérée comme l’un de ses grands chefs-d’oeuvre. |
| sam 22 jan à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Fondé il y a trente ans, le quatuor Hagen est composé de frères et soeurs dont
la cohésion, la complémentarité et l’élégance ont créé un style bien
particulier fait de maîtrise et d’expressivité mises au service de programmes
musicaux originaux. Vous pourrez ainsi découvrir le dernier quatuor à cordes de Georg-Friedrich Haas, compositeur autrichien né en 1953 qui cherche à explorer les limites de la musique et a déjà remporté de très nombreux prix internationaux. Il sera entouré de deux partitions capitales dans la vie de Mozart et Beethoven : dédié à Haydn, le Quatuor à cordes K. 428 fut particulièrement difficile à écrire pour un Mozart habituellement très rapide et prolifique. Concis et secret, ce quatuor en clair-obscur à l’écriture légère est considéré comme l’un des plus beaux de Mozart. Également central dans l’oeuvre de son créateur, le Quatuor à cordes n° 14 op. 131 de Beethoven est incontestablement le plus singulier : audacieuse et novatrice, la partition fut abondamment louée par Richard Wagner et anticipe largement sur la musique du XXe siècle. |
| mar 25 jan à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Artistes associés de l’Opéra de Dijon, les musiciens d’Anima Eterna Brugge
choisissent leurs instruments à chaque concert en fonction des oeuvres qu’ils
interprètent. Après la France de la première moitié du XIXe siècle mise à
l’honneur en octobre pour leur concert Bizet - Berlioz, retrouvons l’orchestre
dirigé par Jos van Immerseel dans la seconde partie du XIXe siècle autour de
l’amitié unissant les compositeurs Liszt et Wagner. Si les deux hommes ont
entretenu une correspondance très soutenue, leur relation n’a pourtant pas
été exempte de conflits portant essentiellement sur le mariage de Wagner
avec l’une des filles de Liszt ou la question de l’influence musicale de l’un sur
l’autre. Pénétrez dans deux univers très différents qui parfois se répondent
avec, côté Wagner, Siegfried-Idyll, offerte en cadeau d’anniversaire à sa
femme Cosima (la fille de Liszt, donc), après la naissance de leur fils
Siegfried en 1869, qui dévoile des aspects inédits de la personnalité du
compositeur, ainsi que le prélude de l’acte III de l’opéra Lohengrin qui
précède la très célèbre marche nuptiale couramment utilisée dans les
mariages. Côté Liszt, redécouvrez le très célèbre Concerto pour piano n° 2 et
le Poème symphonique n° 3 où l’inspiration romantique et les émotions
contrastées brillent dans des éclats musicaux virtuoses. Composé vingt ans
après ceux qui le précèdent, le poème symphonique Du berceau jusqu’à la
tombe est le dernier de Liszt qui le composa en s’inspirant de trois tableaux
du peintre hongrois Mihály Zichy. |
| ven 4 fév à 20h | EN SAVOIR PLUS |
| ven 4 fév à 20h | EN SAVOIR PLUS |
La première édition des masterclasses de l’Opéra de Dijon aura vu
l’émergence de nouveaux talents. L’un(e) d’entre eux parmi les plus
talentueux sera choisi(e) pour ce goûter qui sera l’occasion pour lui (elle)
de se confronter en solo au public, et pour vous de découvrir peut-être
l’étoile de demain. |
| sam 5 fév à 16h | EN SAVOIR PLUS |
C’est le troisième concert Mahler de cette saison pour l’Opéra de Dijon qui a
choisi de le mettre à l’honneur en 2010 et 2011. Si les symphonies sont les
oeuvres de Mahler les plus largement connues du grand public,
ses compositions pour voix donnent un tout autre aspect du génie complexe
et multiforme du compositeur autrichien mort en 1911. Composé en 1908, Le Chant de la terre ne sera donné en concert qu’après la mort de Mahler. À partir de textes adaptés de poèmes chinois, Mahler signe une oeuvre poignante évoquant la solitude de l’homme tout en chantant un hymne à la terre. La version réorchestrée par le compositeur Schönberg qui a transcrit l’oeuvre pour orchestre de chambre reste très respectueuse de la partition originale. David Walter, qui dirigera d’ailleurs l’Orchestre Dijon-Bourgogne pour ce concert, a également réalisé de nombreuses transcriptions et nous livre ici sa réduction des Rückert Lieder, chants pour voix et orchestre que Mahler a composés en 1905. Sur des textes du poète allemand Rückert dont il a aussi utilisé les écrits pour ses Kindertotenlieder (voir le concert du 22 janvier), Mahler nous offre des chants délicats et tendres où la profonde inquiétude s’entremêle aux douces certitudes. |
| ven 11 fév à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Vous rêvez de rencontrer la princesse Turandot ? Réussirez-vous à percer
le secret de ses énigmes ? Avec des comédiens, découvrez l’univers
de cette fable de Gozzi qui a inspiré l’opéra du même nom, à découvrir
le mois suivant à l’Auditorium. |
| sam 12 fév à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Libre, indépendante et très généreuse avec son public, Angelika
Kirchschlager est l’une des chanteuses les plus en vue de la scène musicale
internationale actuelle. Chantant avec beaucoup de naturel et de sensibilité,
elle vient à l’Opéra de Dijon accompagnée de l’Orchestre de chambre de Bâle
dirigé par Kristjan Järvi, chef américano-estonien à la personnalité hors du
commun. Si la suite pour orchestre de Peer Gynt du norvégien Grieg, composée pour accompagner la pièce de théâtre du même nom écrite par Ibsen, est aujourd’hui extrêmement célèbre, il n’en va pas de même pour les oeuvres vocales choisies par Angelika Kirchschlager. Wagner reste très connu pour ses opéras, mais ses autres partitions sont souvent peu jouées : composés sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, la femme d’un protecteur de Wagner, les Wesendonck Lieder découvrent une facette méconnue du compositeur dans une atmosphère où prédominent l’amour, la souffrance, le silence et la douceur. Parce que sa carrière coïncidait avec le moment où la Finlande gagnait son indépendance, on a voulu faire de Sibelius un compositeur patriotique cherchant à créer un art national : le cliché est d’autant plus réducteur que sa musique relève d’une recherche personnelle profonde où chaque oeuvre est une remise en question des précédentes. Composé en 1896 et faisant partie d’un cycle en quatre parties intitulé Quatre Légendes pour orchestre, Le Cygne de Tuonela évoque avec intensité et mélancolie un cygne qui se meut sur le fleuve du royaume des morts. |
| sam 12 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Après une première édition consacrée à Schubert, l’Opéra de Dijon vous
propose de découvrir les multiples facettes d’un compositeur qui incarne
le romantisme allemand : Johannes Brahms. Cet enfant du XIXe siècle né le 7 mai 1833 à Hambourg et mort le 3 avril 1897 à Vienne, est à la fois connu pour ses grandes oeuvres symphoniques et concertantes à découvrir tout au long de la saison, et méconnu. Goethe, au début de son divan oriental dit en substance : « Celui qui veut connaître le poète doit aller en son pays ». La lande, la neige, les étendues monotones, le brouillard, l’atmosphère automnale, les dunes, mais aussi de grands ciels changeants sertis d’ombres et de lumières, un pays de vieilles histoires et de légendes, de chansons populaires, de ballades, voilà l’Allemagne du Nord et Hambourg dans laquelle a longtemps vécu Brahms, ce qui caractérisera beaucoup son oeuvre. Ce premier week-end sera l’occasion de (re)découvrir le fameux concerto pour violon dédié à Joseph Joachim et dont le premier mouvement semble un hommage à celui de Ludwig van Beethoven, mais aussi la quatrième symphonie, chef-d’oeuvre absolu. Côté chambre, les trios avec piano sont parmi les plus beaux écrits pour cette formation avec ceux de Schubert, Beethoven et Schumann. Les sonates pour violon et piano ou violoncelle et piano semblent écrites aussi dans le prolongement de la fougue beethovénienne. David Grimal mais aussi Emmanuel Strosser et Xavier Phillips vous feront entrer dans ces oeuvres où chaque instrument est magnifié par l’écriture de Brahms qui les libère de la forme. Jos van Immerseel, artiste associé, interprétera avec Claire Chevallier, sur piano Bechstein d’époque, de nombreuses pièces pour piano à quatre mains. Enfin, on découvrira Harry van der Kamp en compagnie de Jos van Immerseel pour une sélection de Lieder, Gesänge... C’est donc le Brahms de jeunesse et de l’âge adulte que vous êtes invités à découvrir pour cette première saison, le printemps. |
| ven 18 mar à 18h | EN SAVOIR PLUS |
Après une première édition consacrée à Schubert, l’Opéra de Dijon vous
propose de découvrir les multiples facettes d’un compositeur qui incarne
le romantisme allemand : Johannes Brahms. Cet enfant du XIXe siècle né le 7 mai 1833 à Hambourg et mort le 3 avril 1897 à Vienne, est à la fois connu pour ses grandes oeuvres symphoniques et concertantes à découvrir tout au long de la saison, et méconnu. Goethe, au début de son divan oriental dit en substance : « Celui qui veut connaître le poète doit aller en son pays ». La lande, la neige, les étendues monotones, le brouillard, l’atmosphère automnale, les dunes, mais aussi de grands ciels changeants sertis d’ombres et de lumières, un pays de vieilles histoires et de légendes, de chansons populaires, de ballades, voilà l’Allemagne du Nord et Hambourg dans laquelle a longtemps vécu Brahms, ce qui caractérisera beaucoup son oeuvre. Ce premier week-end sera l’occasion de (re)découvrir le fameux concerto pour violon dédié à Joseph Joachim et dont le premier mouvement semble un hommage à celui de Ludwig van Beethoven, mais aussi la quatrième symphonie, chef-d’oeuvre absolu. Côté chambre, les trios avec piano sont parmi les plus beaux écrits pour cette formation avec ceux de Schubert, Beethoven et Schumann. Les sonates pour violon et piano ou violoncelle et piano semblent écrites aussi dans le prolongement de la fougue beethovénienne. David Grimal mais aussi Emmanuel Strosser et Xavier Phillips vous feront entrer dans ces oeuvres où chaque instrument est magnifié par l’écriture de Brahms qui les libère de la forme. Jos van Immerseel, artiste associé, interprétera avec Claire Chevallier, sur piano Bechstein d’époque, de nombreuses pièces pour piano à quatre mains. Enfin, on découvrira Harry van der Kamp en compagnie de Jos van Immerseel pour une sélection de Lieder, Gesänge... C’est donc le Brahms de jeunesse et de l’âge adulte que vous êtes invités à découvrir pour cette première saison, le printemps. |
| ven 18 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Avec le chef Joël Suhubiette, déjà entendu à l’Opéra de Dijon en février 2009
dans un programme mêlant Haydn et Mendelssohn, embarquez pour
l’Europe de l’Est et découvrez des oeuvres pour voix rarement données. Dans la lignée de la thématique Brahms qui parcourt toute cette saison de l’Opéra de Dijon et le week-end Brahms, venez écouter les Zigeunerlieder (ou chants tsiganes) qu’il composa en 1888 : d’abord intitulée « chansons d’amour hongroises », la partition comporte finalement assez peu d’éléments folkloriques et intègre la musique ancienne dans une démarche assez novatrice. La vie tsigane, c’est cette fois la traduction de Zigeunerleben de Schumann dont le texte évoque une nuit parmi les gitans, tandis que les mots choisis par Tchaïkovski pour ses Choeurs profanes en 1863 proviennent de différents poètes russes et évoquent aussi bien la nature que le musicien Anton Rubinstein ou l’école de droit où Tchaïkovski avait fait ses études. Le folklore musical est en revanche très présent dans les Quatre chansons populaires de Dvorák où l’on reconnaît la musique populaire tchèque, tout comme dans la Mélodie hongroise notée au vol par Schubert, les Danses roumaines de Bartók où les mélodies populaires hongroises s’allient à la forme classique de la sonate dans des pièces incisives et brillantes, ou encore certaines oeuvres de Ligeti. Disparu il y a presque cinq ans, le compositeur autrichien a été influencé par Bartók et s’est inspiré du folklore hongrois. |
| sam 19 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Fêtons la troisième venue du chef Vladimir Jurowski avec un concert
entièrement dédié à Brahms pour la fin de ce week-end « Aimez-vous
Brahms ? » vous proposant deux de ses plus grands chefs-d’oeuvre,
le Concerto pour violon op. 77 et la Symphonie n° 4. Créé en 1879, le Concerto pour violon est extrêmement populaire aujourd’hui : enjoué et dynamique, il sera interprété par Christian Tetzlaff, l’un des violonistes les plus doués de sa génération dont le jeu intègre, pur et assuré s’accordera parfaitement aux très grandes difficultés techniques de la partition. Considérée comme la meilleure symphonie de Brahms, la Symphonie n° 4 est aussi sa dernière : tourmentée, contrastée et dramatique, elle annonce le XIXe siècle à venir et incarne l’originalité et le talent novateur de Brahms. |
| dim 20 mar à 17h | EN SAVOIR PLUS |
Né à Dijon, Rameau y a pourtant été peu joué : après la redécouverte de son
opéra Dardanus à l’Opéra de Dijon l’année dernière, venez entendre deux de
ses grands motets interprétés par Le Concert d’Astrée dirigé par
Emmanuelle Haïm, étoile du répertoire baroque présente à l’Opéra de Dijon
à trois reprises pour cette saison. Musicien d’église, Rameau avait l’obligation de composer de la musique liturgique : composés sur des textes religieux, ses motets sont très différents les uns des autres, mais Rameau ne chercha jamais à les faire jouer ou éditer de son vivant, considérant peut-être qu’ils relevaient surtout de sa charge alimentaire de musicien d’église. On y reconnaît pourtant nettement son talent de compositeur d’avant-garde à l’invention toujours renouvelée : Quam dilecta et Deus noster refugium, tous deux composés aux alentours de 1715, sont ainsi très différents l’un de l’autre et expriment le génie visionnaire de Rameau. L’on a un peu oublié le nom de Mondonville, Français contemporain de Rameau. Connu à son époque pour ses talents de violoniste, ses compositions portent la marque de sa personnalité et possèdent une véritable dimension internationale : faisant la synthèse des musiques allemandes, françaises et italiennes, Mondonville se forgeait un véritable style européen et préfigurait le classicisme. Majestueux et théâtral, son motet Dominus regnavit sera accompagné d’une des Sonates en symphonie, une sonate pour clavecin et violon transformée en oeuvre pour orchestre et dont la réussite en fait l’un des joyaux de la musique instrumentale baroque. |
| ven 25 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Rencontrez des musiciens du meilleur orchestre de chambre au monde
et venez les écouter dans des programmes variés. |
| sam 26 mar à 11h | EN SAVOIR PLUS |
La Symphonie n°4 de Schumann devait d’abord s’appeler « Fantaisie
symphonique » : et en effet, l’oeuvre fait éclater le cadre symphonique
traditionnel dans un climat emporté et dynamique qui rappelle combien
Schumann domina le romantisme allemand. Strauss, lui, synthétise
romantisme et classicisme dans ses oeuvres tardives, écrivant ainsi des
partitions néoclassiques légères et brillantes comme ce Concerto pour
hautbois, interprété par François Leleux, hautboïste français de renommée
internationale. Le chef d’orchestre Vladimir Ashkenazy est également un virtuose, et son talent devrait éclater dans la direction de la Symphonie de chambre de Chostakovitch tirée de son Quatuor à cordes n° 8 : Rudolf Barchaï, ami du compositeur et chef d’orchestre de son état, l’avait réorchestré avec l’accord de Chostakovitch en amplifiant la masse sonore tout en préservant les sonorités originales. Chostakovitch a composé le Quatuor n° 8 en trois jours de 1960 après le choc de sa visite de Dresde, entièrement rasée par les bombardements. Dramatique et contrastée, la partition réutilise des thèmes d’autres oeuvres de Chostakovitch et même de Tchaïkovski ou Wagner. Testament ou épitaphe avant l’heure, il aurait été composé par Chostakovitch à sa propre mémoire, en prévision de son décès : on n’est apparemment jamais mieux servi que par soi-même… |
| sam 26 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
« Je ne peux et ne veux être gai : / quand tout le monde dort, / Je dois
veiller / et être triste ! » chante la sentinelle nocturne du Cor merveilleux de
l’enfant. Poursuivons donc l’hommage au compositeur Gustav Mahler en
compagnie de Michael Gielen, chef d’orchestre brillant spécialiste du
compositeur. Tiré de chants populaires germaniques allant du Moyen-Âge
au XVIIIe siècle, Des Knaben Wunderhorn (Le Cor merveilleux de l’enfant) est
un recueil de Lieder évoquant dans un univers naïf et coloré l’image de
l’homme et de sa destinée terrestre. Composé sur plusieurs années,
Des Knaben Wunderhorn voit certains de ses passages se retrouver dans les
Symphonies n° 2, n° 3 etn° 4 de Mahler et frappe par sa perfection, sa vision
mystique de la condition humaine et sa constante ambiguïté entre réalisme
et fantastique, humour et tragédie, trivialité et spiritualité. L’équivoque est
également très présent dans la Symphonie n° 7 de Dvorák : proche de la
musique de Brahms, la Symphonie n° 7 allie gravité et fougue dans ce qui
reste sans doute la plus profonde et la plus mûre des symphonies de Dvorák. |
| mer 30 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Fondé en 1985, le Quatuor Vogler a rapidement gagné une renommée
internationale et possède une discographie impressionnante : découvrez à
l’Opéra de Dijon l’intelligence, la puissance, la richesse et la cohésion d’un
ensemble attaché à interpréter des programmes originaux. Ils nous
proposent ainsi pour ce concert de parcourir trois moments essentiels,
chacun à sa manière, de l’histoire du quatuor à cordes. Beethoven a franchement révolutionné le quatuor à cordes, et les seize partitions qu’il en a léguées ont longtemps constitué un héritage largement encombrant pour ses successeurs. S’il porte une numérotation trompeuse, le Quatuor op. 18 n° 3 a été le premier quatuor à cordes que Beethoven a composé : dans une atmosphère calme, douce et méditative, l’on perçoit déjà l’écriture homogène où les instruments sont à égalité qui caractérise tous les quatuors à cordes du compositeur. Quarante ans plus tard, Schumann abordait le genre du quatuor à cordes dans une fulgurance bien différente de la progressive évolution de Beethoven : élégant, fragile et incertain, le Quatuor n° 3 op. 41 s’éloigne avec grâce de la norme classique dans un élan novateur et ambitieux. Novateur, l’Autrichien Alban Berg l’est sans conteste : son talent unique et son hypersensibilité conjugués à son engagement dans le dodécaphonisme, la révolution musicale du début du XXe siècle, en font l’un des compositeurs essentiels de ce siècle. Terminée en 1926, sa Suite lyrique frappe par son évocation de Mahler et de Beethoven liée à une extrême modernité toujours sensible aujourd’hui. |
| sam 2 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Né à Vienne en 1874, Schönberg révolutionne la musique et crée le scandale
en inventant une nouvelle esthétique et une forme de composition inédite, le
dodécaphonisme. Compositeur très discuté, il n’a que vingt-cinq ans
lorsqu’il écrit La Nuit transfigurée pour sextuor qu’il retranscrira ensuite
pour orchestre : écrit d’après un poème évoquant une femme annonçant à
l’homme qui l’aime qu’elle est enceinte d’un autre, La Nuit transfigurée
marque le début de l’affranchissement de Schönberg vis-à-vis de ce qui le
précède et constitue une oeuvre essentielle du XXe siècle. |
| mer 6 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
L’Europe du XVIIIe siècle se déchire entre deux esthétiques musicales, ou
plutôt deux styles nationaux : la musique italienne et la musique française.
Rameau déconcerta largement lors de la création de son opéra Hippolyte et
Aricie. L’abondance de la richesse musicale et l’audace de la partition vous
sont restituées dans cette suite de danses formée à partir des passages
chorégraphiques de l’opéra. C’est également la danse que l’on retrouve dans cette Suite n° 2 en si mineur de Bach qui agence six danses différentes : un rondeau, une sarabande, une bourrée, une polonaise, un menuet et une badinerie dans une oeuvre légère et rythmée. Souvent surnommé le « Vivaldi français », Leclair fut le premier compositeur à fusionner les traditions italienne et française. Excellent violoniste, il a composé des concertos pour violon magnifiques où l’invention, la spontanéité et la virtuosité mettent en valeur la sensibilité du violoniste qui les interprète. |
| ven 8 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Violon, violoncelle, piano : ainsi se compose le trio formé par Régis Pasquier,
Jean-Claude Pennetier et Roland Pidoux. Musiciens français de renommée
internationale, ils mènent tous trois une carrière individuelle et se
retrouvent régulièrement depuis plus de trente ans dans un trio aujourd’hui
mythique. Beethoven compose son premier trio avec piano alors qu’il n’a que vingt-cinq ans : si l’on y voit quelques influences de Mozart et de Haydn, l’oeuvre comprend déjà de nombreuses audaces musicales et porte en germe le génie beethovénien dans une atmosphère lumineuse et puissante. Le Trio avec piano en la mineur est au contraire un chef-d’oeuvre de la maturité de Ravel : si l’auteur du célèbre Boléro a composé peu de musique de chambre, les oeuvres qu’il en a laissées révèlent une grande perfection formelle. Rachmaninov n’est pas non plus resté célèbre par sa musique de chambre : il faut dire que s’il a composé toutes ses oeuvres du genre avant ses trente ans, celles-ci n’ont été découvertes qu’après sa mort. Dernier représentant du romantisme, le compositeur russe signe ici une oeuvre bouleversante écrite sous l’émotion de la mort de Tchaïkovski qu’il dédie à sa mémoire. |
| mer 13 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Le RIAS Kammerchor est sans doute la formation vocale la plus réputée au
monde, et l’orchestre du Concerto Köln l’un des plus grands spécialistes du
répertoire baroque. Vous ne pouviez donc rien rêver de mieux pour
découvrir La Passion selon saint Matthieu de Bach, donnée pour ce concert
en version intégrale. Après les versions d’Aka Moon chorégraphiées par
Alain Platel ou celle de Frank Krawczyk chorégraphiée par Emio Greco,
toutes deux présentées lors des deux dernières saisons de l’Opéra de Dijon,
retrouvez l’oeuvre originale de Bach ! Interprétée pour la première fois pour le vendredi saint de l’année 1727, La Passion selon saint Matthieu était destinée à être jouée pendant l’office. Mêlant le texte de l’Évangile et des poèmes, l’oeuvre fait appel à un double choeur et se termine sur une note d’espoir : laissez-vous emporter par l’émotion, la perfection et la majesté de l’un des chefs-d’oeuvre absolus de Bach, sans doute un des plus grands compositeurs de l’époque baroque à qui l’Opéra de Dijon rend hommage durant tout ce week-end. |
| ven 15 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Le clavecin, comme plus tard le piano, étaient des récepteurs idéaux des
musiques originellement conçues pour d’autres instruments. Ce programme
montre deux positions différentes et nullement incompatibles, à l’origine de
la musique pour clavier de Bach, comme une mise en bouche à déguster
avant le concert du soir... D’une part, la transcription très respectueuse et dévouée à l’original des suites d’Antoine Forqueray, écrites d’abord pour viole de gambe et continuo, que la belle-fille d’Antoine Forqueray a ultérieurement transformées en suites pour clavecin seul. Le second cas permet, outre d’entendre une des oeuvres pour clavecin les plus ébouriffantes (et les moins jouées) de Jean-Sébastien Bach, d’en saisir l’ambitus des sources stylistiques, dont la musique d’Allemagne du Nord faisait partie intégrante. Ainsi, la sonate en la mineur est tirée de l’Hortus Musicus (jardin musical) de Johann Adam Reincken, musicien important et influent de Hambourg. Cette sonate, tirée d’un vaste cycle de suites écrites pour ensemble de cordes et continuo, a été non seulement transcrite pour clavecin, mais considérablement augmentée, ornementée, paraphrasée par Bach, en en effaçant la trace instrumentale originelle, à l’opposé de la transcription de Forqueray, toute entière chargée de l’expressivité si intense de la viole de gambe. Ce goûter exceptionnel sera donc l’occasion ludique de remonter aux sources de l’art du clavecin, et d’apprécier le contexte européen dans lequel Bach entreprit la composition de ces monuments de l’histoire de la musique. |
| sam 16 avr à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Brice Pauset est l’un des compositeurs contemporains les plus importants de
l’Europe musicale : c’est également un claveciniste d’exception que nous
vous proposons de découvrir pour ce week-end consacré à Jean-Sébastien
Bach. Contrairement à nombre d’idées reçues, Die Kunst der Fuge (l’Art de la fugue) n’est ni la dernière oeuvre de Bach et encore moins une oeuvre dégagée de toute destination instrumentale (on a longtemps évoqué l’idée d’une musique « plus que pure », exclusivement dévouée au papier à musique, en raison de sa composition sur les lettres mêmes du nom du maître en notation allemande B-A-C-H). La recherche musicologique a montré que Bach avait, dès la fin des années 1730, débuté le travail sur un cycle de fugues pour clavecin qu’il avait décidé de rédiger « à l’ancienne », c’est-à-dire en recourant à une ligne par voix, comme c’était de rigueur au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle (pensons aux Fiori Musicali de Frescobaldi et à l’ensemble de la musique polyphonique pour clavier de Johann Jakob Froberger par exemple). Gustav Leonhardt avait naguère, dans un petit libellé définitif, montré que l’art de la fugue pouvait être défini comme le dernier grand cycle d’oeuvres polyphoniques pour clavecin du Kantor. Peut-être peut-on dès lors penser que Bach songeait à une cinquième partie de la Klavier-Übung ? Comme toutes les oeuvres surchargées d’encombrantes mythologies, L’Art de la fugue se doit de faire l’objet d’une interprétation renouvelée, puisant aux sources. C’est la raison pour laquelle Brice Pauset, compositeur en résidence à l’Opéra de Dijon, choisit de les interpréter comme une pièce pour clavecin parmi d’autres, dans une vision musicale particulièrement instrumentale et ornementée, riche de contrastes, de couleurs et d’affects, assez terrienne. |
| sam 16 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Achevez votre week-end avec Bach avec ses six concertos très renommés qui
doivent leur nom au marquis à qui ils étaient dédiés, Christian Ludwig de
Brandebourg. S’ils n’étaient pas conçus comme un ensemble construit au
départ, Bach les a rassemblés pour les offrir au marquis, espérant peut-être
obtenir un poste de musicien à sa cour. On doit la redécouverte de ce recueil resté très longtemps dans l’ombre d’abord à un des élèves préférés de Bach, Johann Philipp Kirnsberger, violoniste et maître de musique de la princesse Anna Amalia de Prusse, puis à une édition de l’éditeur Peters parue seulement pour le centenaire de la mort de Bach en 1850. On peut tout de même concevoir les six concerts avec plusieurs instruments comme un véritable cycle. En dépit des diversités de la forme, de l’effectif instrumental et du style, ces oeuvres constituent un groupe unitaire, démontrant les possibilités du genre du concerto. Dans cette grande variété formelle, Bach s’impose avec ces six partitions comme le maître absolu de l’écriture en contrepoint où plusieurs mélodies s’entremêlent et se superposent. Dans un style brillant et joyeux, les sonorités sont inimitables et l’atmosphère majestueuse : quittez Bach sur un sentiment de calme et de plénitude en compagnie de l’ensemble Les Inventions dirigé par le brillant Patrick Ayrton. |
| dim 17 avr à 15h | EN SAVOIR PLUS |
Ce qui frappe avant tout dans les symphonies de Brahms, c’est peut-être
l’union d’un climat émotionnel trouble et contrasté et d’une forme très
équilibrée. Conflictuelle, la musique symphonique de Brahms intègre des
éléments populaires, classiques et romantiques en le posant comme héritier
direct de Beethoven. Sa Symphonie n° 1 a ainsi souvent été désignée comme étant la dixième de Beethoven : Brahms a pourtant longtemps attendu avant d’oser aborder ce domaine de la symphonie quasiment personnifié par son aîné, et il mit plus de vingt ans pour composer cette première symphonie. C’est ainsi que l’on a l’impression de prendre l’histoire en cours de route avec un début assez abrupt qui se passe d’introduction. L’angoisse, l’agitation et la nervosité des premiers mouvements se résout petit à petit pour laisser terminer la symphonie avec calme, douceur et gaieté. Sept ans plus tard, la Symphonie n° 3 rencontre un immense succès, et sa popularité ne s’est pas démentie aujourd’hui : mélangeant des sentiments complexes avec beaucoup de majesté, cette symphonie comporte des influences de la musique tzigane et se conclut dans une atmosphère assez inhabituelle chez Brahms semblant appeler à la méditation. Après la Symphonie n° 4 donnée le 20 mars 2011 à l’Opéra de Dijon par le London Philarmonic Orchestra, venez écouter les Symphonies n° 1 et n° 3 interprétées par l’Orchestre philarmonique de Dresde – un des plus grands orchestres allemands – mené par Frühbeck de Burgos, chef espagnol né de parents allemands régulièrement invité à diriger les plus grands orchestres internationaux et dont l’engagement en faveur de la musique contemporaine a permis de créer de nombreuses oeuvres des XXe et XXIe siècles. |
| jeu 5 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Découvrez les solistes de ce merveilleux ensemble associé à l’Opéra
de Dijon dans un programme de musique de chambre allant de Ravel
à Poulenc. |
| sam 7 mai à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Entrez de plain-pied dans un XXe siècle innovant et joyeux avec l’orchestre
Anima Eterna Brugge, artiste associé de l’Opéra de Dijon. Composé en 1928,
Le Boléro de Ravel est l’une des oeuvres les plus jouées au monde : ce qui
n’était au départ qu’un exercice de style d’un compositeur s’étant
simplement lancé un défi et qui ne croyait absolument pas au succès de son
oeuvre est devenu célébrissime à travers le monde entier. Également très
connue, la Pavane pour une infante défunte, composée presque trente ans
plus tôt, ne rencontrait pas non plus les faveurs de son auteur. Bien moins
populaire, La Valse est pourtant l’une des partitions les plus étonnantes de
Ravel : son don pour l’orchestration y éclate pour créer des atmosphères à la
fois inquiétantes et féeriques où les influences musicales comme le jazz ou
les danses populaires s’entremêlent avec harmonie. Composée en hommage
aux valses viennoises de Johann Strauss, La Valse offre une vision irréelle et
démoniaque de la danse de salon où l’on croit voir apparaître en cauchemar
les fantômes d’une cour d’Autriche embrumée. Gershwin s’inspira lui aussi
beaucoup du jazz dans ses oeuvres. Un Américain à Paris évoque les
impressions d’un Américain se promenant dans la capitale française.
Les véritables klaxons automobiles côtoient les rythmes de music-hall et le
jazz de Saint-Germain-des-Prés dans une partition à la fois brillante et
insouciante que l’on retrouvera dans le film du même nom réalisé par
Vincente Minnelli avec Gene Kelly. Gershwin pensait-il inspirer ses
contemporains ? On retrouve ainsi furtivement sa marque dans le Concerto
pour deux pianos et orchestre de Poulenc qui intègre également des
éléments de Stravinski ou Mozart. D’une grande vivacité, l’oeuvre achevée en
1932 donna à son compositeur l’intime conviction qu’il avait atteint sa
maturité musicale. |
| sam 7 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Originaire de Norvège, Leif Ove Andsnes mène une carrière internationale
où son jeu nuancé et profond donne une incroyable impression de facilité.
À la fois discret et affirmé, Andsnes sort régulièrement des sentiers battus en
interprétant des oeuvres trop peu jouées en concert ou en proposant des
récitals mêlant le piano aux arts plastiques. Personne ne sait pourquoi la Sonate pour piano n° 21 op. 53 de Beethoven a été surnommée « L’Aurore », le sous-titre ne provenant pas du compositeur lui-même qui a dédié l’oeuvre à Waldstein, l’un de ses protecteurs. Aboutissement des sonates qui la précèdent, la partition demande une extrême virtuosité tout en exploitant les possibilités techniques permises par l’évolution récente du pianoforte que Beethoven suivait de près. La Sonate n° 32 op. 111 est sa dernière et donna également lieu à de nombreuses interprétations plus ou moins sérieuses, non pas concernant son sous-titre mais bien sa construction, inhabituelle, en seulement deux mouvements ; la sonate est sans doute aujourd’hui l’une des plus complexes de son auteur et l’une des plus mystérieuses. Considéré comme l’héritier de Beethoven, Brahms, que l’Opéra de Dijon a mis à l’honneur sur toute cette saison, était également excellent pianiste : essentielles dans l’ensemble de son oeuvre, ses compositions pour piano reflètent son évolution et portent incontestablement la marque de sa personnalité, comme ces Quatre Ballades op. 10 inspirées d’un poème populaire écossais. Fragmentaires, les Six petites Pièces pour piano de Schönberg le sont également : dans ces miniatures d’à peine une minute chacune, le plus grand révolutionnaire de la musique du XXe siècle condense tout son style dans un minimum de formes, de temps et de moyens. |
| ven 13 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Si vous étiez présents à l’Auditorium de l’Opéra de Dijon en novembre 2008,
vous connaissez la maîtrise, l’élégance, l’engagement et la vivacité du
quatuor Ébène formé de jeunes musiciens français menant déjà une
prestigieuse carrière internationale. Après les symphonies ou la musique pour piano de Brahms, découvrez cette fois l’un de ses quatuors à cordes : pour Brahms qui s’imposait comme le successeur de Beethoven, le genre du quatuor à cordes si maîtrisé par ce dernier fut l’objet de multiples hésitations. Il mit vingt ans pour composer ses deux premiers quatuors, accumulant les doutes et les retouches. Si le premier n’eut que peu de succès, le second, le n° 2 op. 51 présent au programme de ce concert, porte clairement la marque de son talent et de sa personnalité. Si le premier quatuor de Prokofiev est un peu marqué par l’influence du maître – encore Beethoven – son humeur sombre et sa forme particulière le distinguent de ce qui le précède. Se considérant davantage comme un médecin que comme un musicien, Borodine fit surtout de son activité de compositeur un loisir, au grand dam des cercles musicaux russes de l’époque qui y voyaient un certain gâchis : il faut dire que Borodine était doué d’un talent exceptionnel et que les deux seuls quatuors qu’il composa sont considérés comme ses chefs-d’oeuvre. Écrit avec beaucoup de soin pour sa femme à l’occasion de leur vingtième anniversaire de mariage, ce Quatuor à cordes n° 2 crée une atmosphère envoûtante et aérienne où l’auditeur se laisse porter au fil d’une mélodie lyrique et passionnée. |
| ven 20 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Les jeunes chanteurs issus de l’académie de l’Opéra de Dijon se produiront
dans un concert mêlant l’univers de Purcell à celui de Haendel,
faisant ainsi découvrir presque un siècle de musique anglaise. |
| sam 21 mai à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Dans le cadre de l’académie de jeunes chanteurs autour de Didon et Enée et
de la musique anglaise, venez assister à un concert tout à fait exceptionnel
avec la participation d’Emmanuelle Haïm au clavecin, Jonathan Cohen au
violoncelle, Stéphanie - Marie Degand au violon et de jeunes chanteurs de
l’académie. Emmanuelle Haïm, chef d’orchestre talentueuse qu’on ne présente plus, est aussi une claveciniste délicate et accomplie, même si ses concerts sont de plus en plus rares. Une belle manière de découvrir ce magnifique répertoire anglais des XVIIe et XVIIIe siècles avec des interprètes d’exception. À ne manquer sous aucun prétexte. |
| sam 21 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Après Orlando de Haendel en novembre et Didon et Énée, continuez avec
Le Concert d’Astrée et l’Angleterre des XVIIe et XVIIIe siècles en découvrant
des extraits de l’opéra Jules César de Haendel. Si Haendel a composé une cinquantaine d’opéras, Jules César est l’un de ceux qui a remporté le plus grand succès et qui lui demanda le plus de travail. Évoquant le triomphe militaire et amoureux de Jules César et Cléopâtre dans l’Égypte du premier siècle avant notre ère, Jules César est un opéra à multiples rebondissements où guerre et amour se complètent. Le Concert d’Astrée vous propose d’entendre ses passages essentiels où la force des personnages de Cléopâtre et Jules César sera mise en valeur dans un brillant condensé : découvrez des figures lyriques exceptionnelles où noblesse, pouvoir, séduction et passions s’entremêlent dans des airs somptueux et incroyablement émouvants. |
| ven 27 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Vous les entendrez le lendemain dans un programme Rosenmüller
en grande formation ; allez à leur rencontre pour découvrir ce compositeur
violoniste incontournable de la fin du XVIIe siècle italien qui se rendit
à Londres dès 1672. |
| sam 28 mai à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Pierre Hantaï est sans doute un claveciniste français parmi les plus doués de
sa génération : découvrez sa grande maîtrise et son engagement dans un
programme en forme de mosaïque de la musique européenne des XVIe et
XVIIe siècles. Allez à la rencontre de l’Italien Girolamo Frescobaldi qui influença toute l’Europe, les oeuvres très innovantes et étonnantes de l’Anglais William Byrd qui mit en valeur des sonorités a priori dissonantes, ou encore la musique singulière et cosmopolite de l’Allemand Johann Jakob Froberger qui, ayant beaucoup voyagé, synthétisa les esthétiques italienne, française, allemande, hollandaise et anglaise. Vous pourrez également découvrir ou redécouvrir les oeuvres de compositeurs plus connus comme le Français Couperin, l’Allemand Bach, l’Anglo-Allemand Haendel ou encore l’Italien Scarlatti, maître incontesté du clavecin pour lequel il composa plus de cinq - cents pièces et dont l’invention mélodique et rythmique rayonna sur l’Europe musicale. |
| sam 28 mai à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Connaissez-vous Johann Rosenmüller ? Le projet de l’ensemble Gli
Incogniti a justement pour projet de vous faire découvrir des compositeurs
oubliés. Fondé en 2006 par la violoniste Amandine Beyer, l’ensemble Gli Incogniti, du nom d’un groupe de lettrés libertins qui influencèrent l’esthétique musicale de Venise au XVIIe siècle, dépoussière le répertoire musical. Fondé à la fois sur le sérieux de ses recherches musicologiques et sur la grande liberté de son approche musicale inventive, l’ensemble explore de nouvelles sonorités qui touchent immanquablement ses auditeurs. Découvrez donc la musique riche et somptueuse du compositeur allemand du XVIIe siècle Johann Rosenmüller. Très populaire de son vivant, il composa des partitions complexes, joyeuses et majestueuses alliant styles italien et allemand dont Bach reprit notamment des passages pour sa Cantate n° 27 BWV 27. |
| dim 29 mai à 15h | EN SAVOIR PLUS |
Qu’y a-t-il de commun entre le chant grégorien, la musique traditionnelle de
l’Inde du Sud et les chants sacrés de l’Islam ? A priori, rien. Créé il y a trente ans pour défendre le répertoire des XVe et XVIe siècles, l’ensemble Gilles Binchois est basé en Côte - d’Or et a déjà enregistré plus de quarante disques et donné de nombreux concerts en Europe, aux États-Unis, en Asie ou en Afrique du Nord. Le concert Entre terre et ciel est né de la rencontre entre quatre musiciens, tous des références dans leur domaine : Dominique Vellard, spécialiste de la musique médiévale, Aruna Saïram, la plus populaire des chanteuses carnatiques en Inde, Nourredine Tahiri, musicien marocain passé maître dans l’art de la récitation du Coran et la musique soufie et Keyvan Chemirani, fabuleux percussionniste. En faisant entrer en résonance trois traditions musicales très différentes, l’Ensemble Gilles Binchois réunit les cultures le temps d’un concert et montre l’aspiration de l’homme au divin quelle que soit son origine. |
| mar 7 juin à 20h | EN SAVOIR PLUS |
C’est lorsque la fille d’Alma et de Walter Gropius meurt à dix-huit ans
qu’Alban Berg, ami du couple et très touché par ce décès, compose
ce concerto à sa mémoire. Chef-d’oeuvre de Berg, le Concerto pour violon à la mémoire d’un ange applique l’écriture dodécaphonique au genre du concerto et se divise en deux mouvements : le premier, gracieux, sombre et lumineux à la fois, commence par un grand arpège avec les cordes à vide du violon sol, ré, la et mi, et repose sur une série, véritable ascension figurant celle de l’ange ; le second est tout en violence et en brusques ruptures. Achevé quelques mois avant son décès et créé après, en 1936, ce concerto emblématique de la littérature pour violon du début du XXe siècle est également de fait le propre requiem de Berg et sera brillamment interprété par David Grimal qui affectionne particulièrement cette oeuvre. Autre oeuvre phare du XXe siècle, La Valse de Ravel. Oubliez l’ambiance des valses de Vienne même si celle-ci fut certes composée en 1920 en hommage à Johann Strauss, car cette oeuvre reprend les rythmes et l’atmosphère de la valse pour mieux les détourner. D’abord destinée à un nouveau spectacle des Ballets Russes, la partition pourtant novatrice et pleine de grâce n’apporta pas satisfaction à leur directeur, Serge Diaghilev, provoquant une brouille irrémédiable entre les deux hommes. La grâce, c’est sans doute le mot qui vient également pour désigner la Symphonie n° 2 de Schubert : s’il s’agit d’une oeuvre de jeunesse où l’on perçoit encore les influences du compositeur ; ses proportions majestueuses soulignent son invention mélodique et son lyrisme passionné. |
| ven 10 juin à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Après le printemps, voici l’été… Après les journées exceptionnelles des 17, 18 et 19 mars, si vous êtes restés sur votre faim, découvrez une autre facette de l’oeuvre de chambre de Brahms, celle de la maturité. C’est un homme au seuil de la période automnale de sa vie que vous rencontrerez surtout. Les oeuvres pour clarinette (sonates pour clarinette ou pour alto, mais aussi le sublime quintette pour cordes et clarinette) sont comme une grande confession résignée, baignée d’une atmosphère mélodique pleine de tendresse. Ce sont des oeuvres d’une douce et paisible vieillesse, fruits d’une maturité brahmsienne sereine, celle d’un homme qui avance sur le chemin de la vie avec bonheur, résignation. Cette musique est intime et familière. Elle témoigne d’un destin un peu comme celui de Bach, auquel Brahms rend maintes fois hommage, à la recherche de la perfection formelle. Ce deuxième opus des « Brahmsiades » de l’Opéra de Dijon sera aussi l’occasion de découvrir les Zwei Gesänge pour mezzo-soprano, alto et piano, et d’entendre la nouvelle commande de l’Opéra de Dijon à Brice Pauset, compositeur en résidence, d’après ces mêmes Lieder. Enfin, ce concert exceptionnel se terminera de façon enjouée avec un autre univers : les influences tsiganes avec le quatuor op. 25 dont le final « Alla zingarese » évoque les rythmes de la Mitteleuropa en ébullition des années 1848. |
| ven 17 juin à 18h | EN SAVOIR PLUS |
Après le printemps, voici l’été… Après les journées exceptionnelles des 17, 18 et 19 mars, si vous êtes restés sur votre faim, découvrez une autre facette de l’oeuvre de chambre de Brahms, celle de la maturité. C’est un homme au seuil de la période automnale de sa vie que vous rencontrerez surtout. Les oeuvres pour clarinette (sonates pour clarinette ou pour alto, mais aussi le sublime quintette pour cordes et clarinette) sont comme une grande confession résignée, baignée d’une atmosphère mélodique pleine de tendresse. Ce sont des oeuvres d’une douce et paisible vieillesse, fruits d’une maturité brahmsienne sereine, celle d’un homme qui avance sur le chemin de la vie avec bonheur, résignation. Cette musique est intime et familière. Elle témoigne d’un destin un peu comme celui de Bach, auquel Brahms rend maintes fois hommage, à la recherche de la perfection formelle. Ce deuxième opus des « Brahmsiades » de l’Opéra de Dijon sera aussi l’occasion de découvrir les Zwei Gesänge pour mezzo-soprano, alto et piano, et d’entendre la nouvelle commande de l’Opéra de Dijon à Brice Pauset, compositeur en résidence, d’après ces mêmes Lieder. Enfin, ce concert exceptionnel se terminera de façon enjouée avec un autre univers : les influences tsiganes avec le quatuor op. 25 dont le final « Alla zingarese » évoque les rythmes de la Mitteleuropa en ébullition des années 1848. |
| ven 17 juin à 20h | EN SAVOIR PLUS |
| ven 17 juin à 22h30 | EN SAVOIR PLUS |

Si Annabelle Bonnéry a commencé la danse au Conservatoire de Dijon,
la compagnie Lanabel qu’elle a cofondée avec François Deneulin est
aujourd’hui largement reconnue au niveau européen. Fondé sur une écriture
commune à la musique et à la danse, Corps déployés prolonge le
questionnement de la compagnie sur l’interpénétration des arts et inaugure
une collaboration avec le compositeur franco-argentin Sebastian Rivas,
attaché à créer des liens entre musique, danse, théâtre et cinéma. Imbriquant la composition musicale et la création chorégraphique par un jeu de résonances délicates, Sebastian Rivas et la compagnie Lanabel mettent le corps de leurs interprètes au centre du spectacle. Équipés de capteurs de mouvement, les danseurs et musiciens seront ainsi constamment liés et pourront créer des décalages en direct, aussi bien sur la lumière que la bande-son ou la chorégraphie : même improbable, l’éventualité est toujours possible… |
| mer 13 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
On ne connaît pas l’étymologie de « Babel » avec certitude - mais que cela
vienne de « confondre » en hébreu ou de « porte de Dieu » en assyrobabylonien,
le sens du mythe relaté dans la Bible est bien là : parce que les
habitants de Babylone entreprirent de construire une tour assez haute pour
atteindre le ciel, Dieu décida de punir leur orgueil en leur faisant parler des
langues différentes afin qu’ils ne puissent plus se comprendre. Ainsi la
construction de la tour fut-elle stoppée et la diversité des langues sur terre
expliquée. Damien Jalet et Sidi Larbi Cherkaoui, que vous avez peut-être vu à l’Opéra de Dijon la saison dernière avec Origine, partent d’une question fondamentale : que serait-il advenu si le projet de construire une tour de Babel avait réussi ? En réfléchissant à la dimension conflictuelle des mots ou à la notion de la pluralité, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui continue à explorer notre aspiration au divin : l’idée de Dieu est-elle indissociable de notre humanité ? |
| jeu 21 oct à 20h / ven 22 oct à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Créé en 1981, le spectacle de danse May B a été joué sans relâche depuis
trente ans à travers le monde, inspiré des textes de l’écrivain Samuel Beckett,
auteur d’En attendant Godot ou de Molloy. La chorégraphe Maguy Marin
joue des décalages entre le texte et la danse et pointe l’absurdité de la vie.
Sur une bande-son magnifique qui mêle Schubert, le minimaliste
contemporain Gavin Bryars ou le compositeur franco-flamand du
Moyen-Âge Gilles Binchois, Maguy Marin met en scène des personnages
paumés qui font de l’hésitation un mode de vie. Dans ce spectacle aujourd’hui mythique, la pionnière de la danse française fondait son style audacieux, fantaisiste et profond lancé à la découverte de soi et de l’autre : en questionnant l’universalité de la condition humaine, May B mêle l’individuel et le collectif et rend ses personnages humains. Peut-être. |
| mar 30 nov à 20h | EN SAVOIR PLUS |
À l’heure où la France questionne la nature et la composition de sa société,
la chorégraphe et danseuse Héla Fattoumi ose aborder l’inabordable : le port
du voile. Le nom arabe du voile, hijab, se rapporte à plusieurs significations comme « dérober au regard » ou « cacher » mais aussi « rideau » ou « écran ». Peut-on encore être quelqu’un quand son corps a disparu ? En s’interrogeant d’abord sur l’effet physique du port d’un vêtement qui, en couvrant le corps, crée des figures féminines irréelles, Héla Fattoumi s’engage résolument en évitant les partis pris simplistes. |
| dim 5 déc à 15h | EN SAVOIR PLUS |
Après son spectacle mythique et fondateur May B créé en 1981 et donné à
l’Opéra de Dijon en novembre, découvrez une autre facette du talent de
Maguy Marin avec sa nouvelle création. Chef de file de la nouvelle danse
française, Maguy Marin crée des spectacles qui jamais ne se ressemblent et
où frappent son audace, sa vitalité et son engagement citoyen. Dépassant les frontières de genre entre théâtre et danse, Maguy Marin vous offrira une oeuvre pour sept interprètes dont le détail ne devrait être connu que quelques semaines avant la première, suivant un processus de création lent et très pensé où la maturité éclate en fin de parcours. |
| lun 24 jan à 20h | EN SAVOIR PLUS |
« - Encore de la danse ? - Et encore, cela ne fait que commencer ! En collaboration avec Art Danse - le Festival, il y aura encore les spectacles de Christian Rizzo et Michèle Noiret, ou encore le goûter de l’Opéra avec David Rolland : à croire que la danse est encore un art bien vivant qui se renouvelle encore et toujours... » Utilisé par les britanniques pour réclamer un bis à la fin d’un concert, le mot « encore » désigne tout à la fois la persistance, la durée, l’insistance, la répétition, la protestation ou la gradation. Mais que signifie-t-il pour la danse ? Pour Catherine Diverrès, chorégraphe remuante entrée en résistance contre les clichés et les bons sentiments pour créer une danse épurée et poétique, Encor est synonyme de croissance, de vie et de transmission, mais aussi de débordement, de désir, de gravité, de démesure et de vertige : pour tendre vers l’infini... |
| jeu 27 jan à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Vous rêvez d’être danseur ? Vous aimez la danse contemporaine ?
Participez à ce goûter un peu spécial organisé autour des carnets
chorégraphiques de David Rolland dans les espaces publics
de l’Auditorium comme salle de danse. Architecture et chorégraphie
s’entremêlent pour le plaisir de tous. |
| sam 29 jan à 16h | EN SAVOIR PLUS |
Christian Rizzo n’est pas un artiste comme les autres : invité à l’Opéra de
Dijon en mars 2009 pour mon amour et b.c., janvier 1545, fontainebleau.,
le chorégraphe et plasticien au style très singulier et surprenant où le rêve est
au pouvoir revient avec l’oubli, toucher du bois où une femme et six hommes
dansent autour d’un être disparu. Très différent de ses précédents spectacles, l’oubli, toucher du bois nous emmène dans un univers sombre et profond où la chorégraphie aérienne, la dramaturgie très construite et la musique inspirée des compositeurs minimalistes américains construisent une poétique de la répétition autant que de l’absence, omniprésente : nous sommes encore là, touchons du bois… |
| dim 30 jan à 15h | EN SAVOIR PLUS |
Comment la violence du monde où nous vivons influence - t - elle nos vies, et
quel est son impact sur la création artistique ? Formée chez Maurice Béjart, Michèle Noiret aime semer le trouble et brouiller les pistes dans une atmosphère délicate et poétique. Après avoir longtemps travaillé avec le célèbre compositeur Karlheinz Stockhausen, elle choisit d’entremêler dans Demain la musique contemporaine de Todoroff et Wishart et la Symphonie n° 7 de Beethoven. En créant un univers transfiguré à partir de la réalité de notre monde accidenté, Michèle Noiret crée une danse-cinéma qui pose la question des limites de l’acceptable. |
| mar 1 fév à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Russell Maliphant fut danseur au Royal Ballet de Londres avant d’être un
chorégraphe créateur de spectacles délicats et poétiques. Mêlant la danse
classique, l’improvisation, le yoga, la capoeira, la danse moderne ou le taichi,
il a beaucoup collaboré avec la danseuse étoile Sylvie Guillem et fonde
ses chorégraphies sur la relation entre le mouvement, la musique et la
lumière. Déjà venu en novembre 2009 à l’Opéra de Dijon dans le spectacle collectifIn the Spirit of Diaghilev en hommage aux Ballets Russes, Russell Maliphant repart du solo qu’il y avait présenté en le développant et l’approfondissant. Avec Afterlight, laissez-vous porter dans un univers onirique où un doux équilibre se crée en beauté entre corps et lumière, fluidité et tension, enthousiasme et gravité. |
| jeu 17 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Danseur étoile de l’Opéra de Paris, Kader Belarbi est aussi chorégraphe et
vient à l’Opéra de Dijon avec quatre pièces sur des musiques de Prokofiev,
Grieg, Mahler ou Arvo Pärt. Développant un style vibrant et atypique dans son travail de chorégraphe comme de danseur, Kader Belarbi réactualise en douceur la danse classique dans des spectacles délicats où la présence humaine est primordiale : mettant en valeur la personnalité singulière de chaque interprète, Kader Belarbi crée des ballets classiques profondément ancrés dans le présent où les corps, la sensibilité et la société d’aujourd’hui apparaissent en filigrane. |
| jeu 24 mar à 20h | EN SAVOIR PLUS |
Dark Matters, c’est la matière sombre, ou matière noire. À ne pas confondre
avec l’antimatière ou les trous noirs, la matière noire désigne en
astrophysique une matière manquante, c’est-à-dire un élément qui a
manifestement des effets et des influences mais que l’on ne peut pas
observer en soi. Autrement dit, si les conséquences sont très visibles,
la cause est indétectable ; cette matière invisible responsable de phénomènes
inattendus constituerait pourtant, selon les estimations, environ 90% de
notre univers. C’est de cette interrogation essentielle de l’astrophysique contemporaine que Crystal Pite, chorégraphe canadienne à l’inventivité exceptionnelle, s’est inspirée pour son nouveau spectacle : dressant un portrait inquiétant de l’inconnu, elle crée une atmosphère troublante où la matière noire se retrouve dans une marionnette envahissante dirigée par un manipulateur fantomatique. Reprenant la danse classique en la détournant avec une sensibilité théâtrale très forte, Crystal Pite mêle brillamment l’intellectuel et le sensuel dans un spectacle très poétique qui bouscule et berce à la fois. |
| mar 12 avr à 20h | EN SAVOIR PLUS |

Les pommes chantent, les statues parlent et les enfants du roi sont élevés
chez un charcutier : bienvenue dans l’écriture détonante de Carlo Gozzi,
auteur italien du XVIIIe siècle à contre-courant de son époque - et à contrecourant
tout court, d’ailleurs. La saison dernière, l’Opéra de Dijon vous proposait l’opéra L’Amour des trois oranges de Prokofiev inspiré d’une pièce de Gozzi où l’on riait d’un prince neurasthénique tombé amoureux d’une princesse sortie d’une orange dans une atmosphère à la fois onirique et satirique. Avec L’Oiseau vert, découvrez ainsi la suite loufoque et merveilleuse de L’Amour des trois oranges et liez une pièce de théâtre et un opéra tous deux mis en scène par Sandrine Anglade : dans un monde qui semble n’obéir qu’aux caprices de l’imagination, le sens surgit en bondissant dans cette fable philosophique qui réinvente la commedia dell’arte et interroge l’illusion théâtrale. |
| sam 9 oct à 20h / dim 10 oct à 15h | EN SAVOIR PLUS |
« Bonne nuit, les petits... » disait Nounours de sa voix traînante dans
l’émission du même nom diffusée à la télévision française dans les
années 1960. Sauf que Nicolas et Pimprenelle ont aujourd’hui un drôle
d’air : moitié humains, moitié pantins, ils ont tout à la fois l’air de sortir d’un
film de Tim Burton ou de notre propre imagination de spectateur, on ne sait
plus trop. À la frontière du théâtre, de la musique, du clown, de l’acrobatie, du mime, de la magie et de la danse, le Shlemil Théâtre vous offre un songe poétique où des êtres sont rattrapés par leurs songes dans un drôle de rêve éveillé où l’on cauchemarde avec fantaisie : laissez la vie normale de côté et offrez-vous une parenthèse suspendue qui emportera autant les enfants que les plus grands. |
| dim 17 oct à 15h | EN SAVOIR PLUS |
En lien avec le concert Beethoven #5 du 9 décembre où les Dissonances
interpréteront l’ouverture des Créatures de Prométhée de Beethoven,
explorez le mythe de Prométhée qui, dans la mythologie grecque, créa
les hommes avec de l’argile avant de leur donner le feu contre l’avis de Zeus
qui, en représailles, l’enchaîna sur le mont Caucause en le condamnant à se
faire dévorer quotidiennement le foie par un aigle. À partir d’un mythe portant sur l’accès des hommes à la connaissance et l’exercice du pouvoir, Eschyle, dramaturge grec du Ve siècle av. J.C., écrivit une trilogie dont seule la première pièce nous est parvenue. Dénonçant la toute-puissance d’un Zeus tyrannique et injuste, Eschyle met en scène la révolte des hommes maltraités par le pouvoir et conclut sur le retour à un équilibre harmonieux. Auteur de la mise en scène de Vie de Joseph Roulin vu en décembre 2009 au Théâtre Dijon-Bourgogne, Guillaume Delaveau s’attache à la modernité du questionnement sur l’instauration d’un pouvoir juste et rend l’intensité de la figure d’un Prométhée qui, malgré les persécutions et les tortures, décide d’entrer en résistance. |
| du mar 7 déc au ven 10 déc | EN SAVOIR PLUS |
Faut-il assassiner nos dirigeants ? Avant les airs de concert de l’opéra
Jules César de Haendel interprétés par Emmanuelle Haïm et le Concert
d’Astrée le 27 mai 2011, découvrez la pièce de Shakespeare du même nom.
Première de la série des grandes tragédies de Shakespeare, Julius Caesar
nous raconte l’histoire de la conspiration contre l’empereur : faut-il
l’assassiner pour prendre le pouvoir ? Dans cette pièce politique où l’on
manipule par le discours, la rhétorique peut changer le monde et la
République est en ruines. Déjà vu au Festival d’Avignon, au Festival
d’Automne ou à la Comédie-Française, le metteur en scène français Arthur
Nauzyciel vient à Dijon avec un spectacle épuré et incisif où l’on assassine en
public et en musique dans une réflexion universelle sur le politique. |
| du mar 22 mar au sam 26 mar | EN SAVOIR PLUS |